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« Du temps de ma jeunesse, je ressentais en effet la même chose que beaucoup dans ce cas ; je m’imaginais qu’aussitôt devenu maître de moi-même, j’irais tout droit m’occuper des affaires communes de la cité. Et voilà comment le hasard fit que je trouvais les choses de la cité.

Le régime d’alors étant en effet soumis aux violentes critiques du plus grand nombre, une révolution se produisit… et cinquante et un hommes prirent la direction de la révolution, onze d’une part en ville, dix de l’autre au Pirée – chacun de ces deux groupes ayant en charge l’agora et tout ce qui concernait la ville – cependant que trente d’entre eux s’étaient appropriés les pleins pouvoirs.

De ceux-là, il se trouva que certains étaient de mes parents et connaissances… »  Platon  

Et moi-même, aujourd’hui, je décidais d’en être… Le siècle qui se termine fut un siècle de mensonge et il avait commencé un demi-siècle avant. Je parlerai, dans un autre chapitre, des 80 années qui précèdent 1919, la guerre 14/18 faisant partie intégrante du XIX siècle.
Le XXe siècle commence en 1919, de la paix de Versailles et se termine en 1989, avec la chute du mur de Berlin.  

L’utopie caractérisée de ceux qui sont naturellement chargés d’éclairer leurs semblables, et que l’on appelle intellectuels, a fait en sorte que le mot qui résume ce siècle est celui de totalitarisme.  

Il ya eu un phénomène inédit dans l’Histoire, c’est l’apparition des grands systèmes qui ont abouti à la destruction totale d’une société par son Etats. Nous le voyons tous les jours avec l’ancienne union-soviétique, dont le régime n’était pas la simple tyrannie d’un régime autoritaire classique, mais l’interruption du processus ancestral et éternel du développement démocratique. Ce qui a continué à progresser, grâce en grande partie aux Etats-Unis, c’est la connaissance scientifique. Mais elle n’a pas empêché les aberrations politiques européennes, particulièrement celle de la France.  

Entre autres, par deux fois en un quart de siècle, par une guerre civile qui s’est soldée par une guerre mondiale. Le pire, c’est que nous n’avons pas tiré les leçons de cet entracte totalitaire dans notre histoire.  

Toute l’histoire de l’humanité depuis la cité grecque, est un processus de civilisation progressive. Disons le progrès des Lumières. Le XXe siècle, par le totalitarisme, a été une terrible régression. Machiavel laissait une certaine dépendance aux sociétés civiles. Or les régimes communistes ont abouti à la complète destruction de l’Homme, avec l’aval de nos intellectuels qui avaient, mission de nous en protéger. Ces gens-là, quand ils sont alliés du pouvoir, ont beaucoup plus de pouvoir que quand ils dépendent du public. Et ils savent que la tyrannie est confortable ; regardons comment certains pays de l’est ont du mal à se réadapter à la liberté. Il existe aussi  une peur de la liberté et une haine féroce de la société de responsabilité, car ceux-là se savent avant tous les autres, perdants, et n’ont donc plus rien à perdre. Les leçons que nous avons tirées de l’écroulement des régimes totalitaires, principalement communistes, sont stupéfiantes, comiques.  

Nous avons éradiqués le nazisme et ses néo-trublions que nous condamnons tous les jours, mais le révisionnisme communiste est tout puissant. C’est comme si un navigateur échappait à un naufrage au milieu de l’Atlantique et crierait, à qui voudrait l’entendre, qu’il n’y a rien de plus dangereux que de marcher sur un trottoir du Boulevard Saint-germain.  

Cela s’explique parce qu’il existe chez l’homme un besoin viscéral de totalitarisme et que cela est particulièrement vrai chez ceux qui sont précisément chargés d’éclairer leurs semblables.  

La mondialisation tant décriée ne peut que libérer l’homme ; plus il y a des échanges, de circulation des biens, des personnes et des idées, plus il y a bien-être physique et moral. Nous continuerons encore quelques décennies à vivre sous l’influence de l’idéologie pourtant en pleine perte de vitesse. Or l’idéologie est largement totalitaire, et par nature contradictoire. Elle ne prend jamais acte des effets produits par l’action. L’idéologie n’est qu’une mime de la science et il sera difficile de faire partager l’idée que ce qui engendre une diversité culturelle et politique, c’est par exemple la liberté de circulation des œuvres de l’esprit ; y compris ce que nous dénigrons sous le vocable de « culture américaine ». Nous devrons l’imposer. Qu’aurait été la France du XVIe siècle sans Florence et l’Italie ?  

La mondialisation de plus en plus grande ne débouchera pas, du moins pour ce siècle, sur un gouvernement mondial. Mais ce qui se passe, d’ores et déjà, c’est qu’un problème régional de vient de plus en plus un problème international ; la dernière réunion de Seattle en est l’exemple même. Ce que l’on appelait naguère le « concert des nations », en parlant surtout des nations européennes, devient de plus en plus le « concert des continents », des grands « centres » : l’Amérique, l’Europe, l’Asie. Le risque certain, pour au moins une décennie, c’est de voir naître une inversion des valeurs, je dirai même une subversion des valeurs. Toujours pour cette décennie, il est à craindre que nous ne subissions encore cette généralisation répugnante de la culture du Bien qui manipule l’opinion et repose sur l’exploitation systématique et massive de l’émotion. Nous le devons surtout à l’internationale communiste : tout pour l’ouvrier, tout pour l’humble paysan, à condition d’abord de l’affaiblir, de le mettre au goulag, de l’encadrer par des polices et armées, voire de le tuer pour l’exemple, et, malgré tout, pour soi-même, je parle des dirigeants, de créer une formidable nomenclature qui sera admirée, puisque, potentiellement, défenseur du  « petit ».

Mais il faut faire un « distinguo » certes, car il y a un sentimentalisme du Bien, comme  par exemple les « restos du cœur », les innombrables associations, qui ne servent qu’à couvrir l’absence d’une vraie politique de lutte contre les inégalités ; cette guimauve caritative est en fait une série d’emplâtres, une vraie hypocrisie. Cela s’est répandu à l’échelle du monde.  

Nous irons de plus en plus vers le sérieux du Bien : la politique est inséparable de la morale. C’est l’effet de la mondialisation. Les vagues déferlent sur le monde. Nous devons donc lancer la guerre contre l’interprétation machiavélique de la politique. Pour la Grèce , la morale et la politique ne se séparait pas. C’était aussi la philosophie du XVIIIe siècle, celle de Montesquieu.  

Or la doctrine de Machiavel s’est avérée catastrophique ; elle a produit tous les désastres du siècle passé. Communisme et nazisme étaient soumis au principe que la fin justifie les moyens. Nous ne devons jamais oublier que le mal peut toujours revenir.  

Je parlerai ailleurs dans ce site de quelques exemples, comme celui de l’Afrique, dont nous connaissons depuis longtemps le mal qui la ronge, mais dont nous commençons seulement à désigner les causes. Le cas du Rwanda, du Kosovo, de la Tchétchénie , représente en fait  la reprise de ce l’on appelle l’ancestrale évolution vers la démocratie.  

Ce siècle sera celui de la communication et de l’enseignement, le Bien l’emportera sur le mal parce que nous savons maintenant que le Bien a des effets réalistes pour chacun d’entre nous.

 Ces deux dernières années, nous nous sommes enfin aperçu que l’humanitaire pur n’existe pas. Il doit s’accompagner forcément d’actions militaires. Toujours le lien entre la morale et la politique.  

Le XXIe siècle sera celui du triomphe de l’individu sur la collectivité. Le grand ennemi des systèmes autoritaires, c’est l’individu. Toute ambition, que ce soit catholique, bouddhiste, taôiste, toute la civilisation occidentale, c’est la conquête de l’autonomie individuelle. L’échec des systèmes autoritaires du XXe siècle a redonné le sens de la responsabilité à l’individu du XXIe siècle.  

L’humain devra aussi lutter contre sa vocation naturelle d’esclave, car il va avoir le sentiment d’un monde fini, qui ne nécessite plus aucun effort. Il réagira dans le bon sens, parce que pour l’Univers tout est encore hypothétique.

Notre monde n’est pas fini.

Nous restons sur notre planète, mais elle sera de plus en plus limitée grâce à des phénomènes technologiques comme Internet.

L’homme s’engouffre dedans.  

Aujourd’hui, trouver le grand homme du siècle passé ne peut se concevoir qu’à partir des pays. De Gaulle, Churchill, Gandhi. Mais aussi Jean Paul II, Ronald-Reagan. Ces deux là ont chacun à leur manière, défié le communisme. C’est sur une place du pays de Jean-Paul II qui porte le nom de Ronald-Reagan, que l’actuel président polonais, lui-même ancien communiste, prononce ses discours libéraux, face à l’ancien siège du parti communiste, devenu… la Bourse.

 Allez ! Je vote pour les cinq.

Avec un bon-point pour Jean-Paul.

L’Homme du XXIe siècle sera celui qui aura la meilleure connaissance objective des faits et la capacité de tenir compte des opinions publiques. Il ne faudra plus avoir raison seulement dans l’abstrait et il ne faudra pas confondre le reflet et la réalité. Ce sera l’homme du juste dosage.  

Enfin, contrairement, à l’idée répandue, l’Histoire n’est pas indépendante de nous. On dit souvent que l’on a rendez-vous avec l’Histoire. C’est faux.

L’Histoire ne pose que des lapins

 

Pour ce siècle, c’est avec nous-mêmes que nous avons rendez-vous.   

 

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